La résolution n° 074-2026 de l'INDOTEL définit les conditions juridiques et techniques d'utilisation de la bande sous un régime de licence générique et introduit un cadre de conformité plus clair pour l'IoT, la RFID, la télémétrie, le comptage intelligent et d'autres équipements radio à courte portée.
Un cadre juridique défini pour la bande 915–928 MHz
Le 27 août 2026, l'Institut dominicain des télécommunications (INDOTEL) a adopté la résolution n° 074-2026, établissant les paramètres de fonctionnement pour les dispositifs de radiocommunication à faible puissance et les applications industrielles, scientifiques et médicales (ISM/ICM) dans la bande 915–928 MHz.
La mesure fait suite à l'approbation du nouveau Plan national d'attribution des fréquences (PNAF) par le décret n° 99-26 du 13 février 2026. Le PNAF identifie expressément la bande 915–928 MHz parmi celles désignées pour les applications ISM en République dominicaine, tout en laissant à l'INDOTEL le soin de définir les limites de puissance et les paramètres d'exploitation applicables. La résolution n° 074-2026 apporte cette seconde couche de réglementation : elle traduit l'attribution de spectre en conditions concrètes d'utilisation des équipements.
Cette distinction est importante du point de vue de l'accès au marché. Une attribution de fréquence dans le PNAF ne répond pas, en soi, à la manière dont un dispositif particulier peut utiliser la bande. La nouvelle résolution établit désormais les limites de puissance pertinentes, les conditions d'accès, les règles d'interférence et les garanties techniques pour les équipements destinés à fonctionner dans ce segment.
Comment le nouveau cadre se distingue de la situation précédente
L'évolution réglementaire doit être lue à la lumière du cadre spectral dominicain précédent. Le PNAF antérieur reflétait l'attribution de la Région 2 de l'UIT autour de 902–928 MHz, tandis que le tableau national des fréquences divisait le spectre concerné en attributions de services nationaux autour de la limite de 915 MHz. De plus, les règles de longue date pour les équipements à étalement de spectre selon la résolution n° 168-07 établissaient des bandes de fonctionnement à 2,4 GHz et 5 GHz plutôt que de créer un régime spécifique pour les équipements à étalement de spectre dans la bande 915–928 MHz.
Le changement pratique introduit par le PNAF 2026 et la résolution n° 074-2026 est donc bien plus qu'une simple reprise d'une désignation ISM internationale. L'INDOTEL a désormais créé un cadre d'exploitation national spécifique pour la bande 915–928 MHz, avec des conditions différenciées selon l'application et la technologie. Cela fournit une base réglementaire plus claire pour les équipements tels que les dispositifs IoT 900 MHz, les compteurs intelligents et les systèmes RFID industriels.
Licence générique : accès simplifié au spectre, mais pas absence de réglementation
La résolution place l'exploitation dans la bande 915–928 MHz sous le régime de licence générique prévu par l'article 26 du Règlement général sur l'utilisation du spectre radioélectrique. Les équipements respectant les conditions applicables peuvent donc fonctionner sans licence de spectre individuelle ni autorisation spécifique pour l'utilisation des fréquences.
Cette flexibilité est soumise à une limitation juridique importante. La bande est partagée et non exclusive, et son utilisation ne crée aucun droit à la protection contre les interférences ni aucun droit préférentiel sur les autres utilisateurs du même spectre. Par conséquent, la résolution combine un accès facilité au spectre avec une obligation de coexister avec d'autres usages autorisés.
L'INDOTEL conserve également ses pouvoirs statutaires pour gérer les interférences nuisibles. Lorsque les interférences sont attribuables à des équipements fonctionnant sous le régime de licence générique, le régulateur peut exiger des mesures d'atténuation telles que la réduction de puissance, un changement de fréquence ou de canal, une réorientation ou un déplacement d'antenne, une modification des paramètres de fonctionnement ou, si nécessaire, l'arrêt temporaire des émissions.
Paramètres techniques établis par la résolution n° 074-2026
Plutôt que d'appliquer une limite unique à chaque dispositif dans la bande, l'INDOTEL a adopté une approche différenciée basée sur la technologie et l'application :
- Dispositifs généraux à faible puissance : Bande autorisée 915–928 MHz | PIRE maximale : 100 mW
- FHSS ou modulation numérique (y compris IoT, télémétrie et comptage intelligent) : Bande autorisée 915–928 MHz | PIRE maximale : 1 W
- RFID industriel ou commercial : Bande autorisée 920–926 MHz | PIRE maximale : 4 W* (*La limite de 4 W s'applique lorsque cette puissance est nécessaire au fonctionnement satisfaisant du système RFID.)
La marge de 4 W est délibérément étroite. Elle ne s'étend pas à l'ensemble de la bande 915–928 MHz et ne crée pas de catégorie générale de puissance supérieure pour d'autres systèmes numériques. Les équipements RFID utilisant cette limite doivent rester dans la plage 920–926 MHz.
Exigences supplémentaires pour les équipements à puissance plus élevée et modulation numérique
Les équipements fonctionnant au-dessus de 100 mW PIRE doivent intégrer des mécanismes techniques favorisant la coexistence et l'utilisation efficace du spectre. Les systèmes FHSS doivent utiliser au moins 20 fréquences de saut, et les systèmes à modulation numérique ne peuvent pas dépasser une densité spectrale de puissance rayonnée de crête de 25 mW par 3 kHz.
Pour les systèmes RFID industriels ou commerciaux fonctionnant sous l'autorisation de puissance élevée, les émissions non désirées en dessous de 917,75 MHz ne doivent pas dépasser −37 dBm PIRE, tandis que les émissions au-dessus de 926 MHz ne doivent pas dépasser −33 dBm PIRE. Tous les équipements doivent être configurés de manière à ce que leurs fréquences de fonctionnement restent dans la bande 915–928 MHz et doivent également respecter les limites d'émissions non désirées et parasites de la norme technique applicable à leur homologation par l'INDOTEL.
Pourquoi la limite de la bande 915 MHz est importante
La coexistence avec les services licenciés adjacents était l'une des principales questions abordées lors de la consultation publique. Les commentaires de l'industrie demandaient une protection supplémentaire autour de la limite inférieure de la bande, notamment des études de compatibilité, des masques d'émission et une surveillance. L'INDOTEL n'a pas rendu l'adoption du cadre conditionnelle à une nouvelle étude de compatibilité, mais a expressément chargé sa Direction du spectre d'effectuer une surveillance technique récurrente, en particulier autour de 915 MHz et des services fonctionnant dans les bandes adjacentes.
Ceci est pertinent car les limites techniques de la résolution n° 074-2026 ne doivent pas être isolées des pouvoirs de surveillance continus de l'INDOTEL. Le régulateur peut recommander des ajustements si l'expérience opérationnelle identifie des problèmes de coexistence.
L'INDOTEL n'a pas simplement reproduit le modèle de la FCC ou européen
Le dossier de consultation montre que l'INDOTEL a examiné différentes approches réglementaires internationales, notamment le cadre de la partie 15 de la FCC américaine et la licence de classe 2025 pour les dispositifs à faible potentiel d'interférence de l'ACMA australienne. Cependant, les règles finales sont adaptées au plan de spectre dominicain.
Pour les systèmes FHSS et à modulation numérique, l'INDOTEL a adopté une limite de 1 W PIRE et un minimum de 20 fréquences de saut, en s'inspirant du modèle australien. Il a expressément refusé d'ajouter la condition de temps de séjour (dwell-time) de 400 ms proposée lors de la consultation sur la base de l'approche de la FCC. Il a également refusé d'imposer, pour toutes les technologies fonctionnant entre 915 et 920 MHz, les restrictions de cycle de service et de bande passante associées à l'approche européenne discutée lors de la consultation.
Le contrôle de puissance adaptatif (APC) a été reconnu comme une bonne pratique d'ingénierie, mais n'a pas été rendu obligatoire. L'INDOTEL a également rejeté les propositions de registre des installations extérieures et d'exigence générale selon laquelle les installations extérieures doivent être effectuées par du personnel qualifié. Selon le raisonnement du régulateur, le respect des conditions techniques est plutôt vérifié par l'homologation des équipements et les pouvoirs de surveillance de l'INDOTEL.
L'homologation reste au cœur de la conformité
Le régime de licence générique concerne l'exploitation du spectre dans des conditions prédéfinies ; il ne doit pas être confondu avec une exemption de conformité des équipements. La résolution lie expressément le respect des conditions techniques à l'homologation des équipements et à l'autorité de surveillance de l'INDOTEL.
Aux fins de l'homologation (Type Approval), les preuves techniques doivent donc établir non seulement que la radio prend en charge la plage de fréquences pertinente, mais aussi que sa PIRE maximale, sa méthode de modulation, ses caractéristiques de saut de fréquence, sa densité spectrale de puissance et ses émissions non désirées sont compatibles avec la catégorie sous laquelle elle fonctionnera.
Ceci est particulièrement pertinent pour les équipements développés pour des configurations régionales plus larges. Un dispositif peut techniquement prendre en charge des fréquences en dehors de la plage 915–928 MHz même si sa configuration dominicaine prévue ne les utilise pas. Dans de tels cas, les fabricants doivent être prêts à démontrer comment le produit est restreint à la plage de fonctionnement autorisée. Pour la RFID à puissance élevée, la même analyse doit confirmer que le fonctionnement au-dessus de 1 W est limité à la plage 920–926 MHz.
Implications pratiques pour les fabricants et importateurs
La résolution n° 074-2026 offre aux fabricants une voie plus prévisible pour introduire des produits 900 MHz en République dominicaine, notamment les équipements IoT, de services publics, de télémétrie et RFID. En même temps, le nouveau cadre fait de la configuration du produit elle-même un point central de conformité.
Avant de déposer une demande d'homologation auprès de l'INDOTEL, les fabricants doivent vérifier que les rapports d'essai et les spécifications techniques soumis permettent au régulateur d'identifier la catégorie d'exploitation applicable et de confirmer les limites pertinentes. Lorsqu'un produit mondial prend en charge plusieurs profils 900 MHz, la configuration de fréquence dominicaine doit être clairement documentée plutôt que déduite d'une plage d'essai plus large.
La résolution apporte donc une plus grande certitude, mais elle nécessite également une lecture précise de la documentation radio. Le support de fréquence seul ne suffit pas : la puissance autorisée dépend de la technologie et de l'application, et le régime RFID à puissance élevée est soumis à ses propres restrictions de fréquence et d'émission.
Perspectives réglementaires
L'INDOTEL a adopté les paramètres 915–928 MHz par le biais d'une résolution autonome plutôt que d'attendre la modification plus large du Règlement général sur l'utilisation du spectre radioélectrique. La résolution explique que cette approche a été adoptée pour permettre une exploitation rapide des équipements à faible puissance et ISM dans la bande.
Pour le marché, l'effet immédiat est un ensemble de règles plus clair pour la bande 915–928 MHz. Le point à surveiller à plus long terme sera la manière dont ces conditions sont appliquées dans la pratique de l'homologation et si la surveillance récurrente ordonnée par l'INDOTEL entraîne de futurs ajustements techniques, en particulier à la limite de 915 MHz.
Eleos Compliance LATAM continue de surveiller la mise en œuvre de la résolution n° 074-2026 par l'INDOTEL et son application aux soumissions d'homologation en République dominicaine.
Références réglementaires
- Résolution n° 074-2026 de l'INDOTEL, adoptée le 27 août 2026.
- Décret n° 99-26, approuvant le Plan national d'attribution des fréquences (PNAF) 2026.
- Résolution n° 168-07 de l'INDOTEL, conditions pour les équipements utilisant la modulation à étalement de spectre.
- Règlement général sur l'utilisation du spectre radioélectrique.
- Loi générale sur les télécommunications n° 153-98 de la République dominicaine.